Parc d'attractions habitable

Programme pour une ville nouvelle

Handmade utopia, Stéphane Degoutin, 1998.

Theme Park City

Program for a new town

Ill. 1. La Ville Radieuse en désordre

Site

La ville-parc d'attractions est située n’importe où.

Taille. le territoire de la ville est beaucoup plus étendu que celui d’un parc d’attractions classique. Les visiteurs logent sur place.

La ville parc d'attractions met à plat de toutes les cultures du monde. La population est cosmopolite, l'économie mixte, le gouvernement autonome. Elle reproduit à échelle 1 différents quartiers du monde, réels ou imaginaires, collés les uns sur les autres :

- Beaugrenelle + la Tour Eiffel + l’île aux cygnes ;
- Extraits de Manhattan ;
- Luxor Las Vegas ;
- Morceaux de Bénarès ;
- Reproduction du château du film Le roi et l’oiseau ;
- La rue Croix-Bosset (Sèvres) et sa végétation locale ;
- Maisons flottantes sur un lac, type thaïlandais ;
- Le pôle sud

Ill. 4. Habitations.

Les logements sont une décoration à l’intérieur du parc d’attractions

Les habitants de Sattelite City sont les attractions (comme les indigènes de l’île aux cygnes transformée en exposition coloniale pour l’exposition universelle de 1937 à Paris). Un labyrinthe de canaux visitable grâce à un bateau à fond plat (de type parc d’attractions), qui fait le tour du quartier par l’intérieur. On voit directement chez les gens. On peut monter ou descendre du bateau à n’importe quel moment pour entrer ou sortir des attractions.

D’autres villages thématiques sont masqués au visiteur par des enchevêtrements de sens uniques et de voies sans issue et artifices géographiques (art du jardin etc.). Zones de banlieue reconstituées dans les recoins cachés de la ville : la « banlieue interne » de la ville.

Cité-jardin cachée dans les arbres, sur le toit des centres commerciaux, dans les oubliettes du château de la Belle au Bois Dormant. Habiter les coulisses d’une ville de plaisirs.

Enceinte. La ville est fermée par un boulevard périphérique. Il existe deux entrées principales pour les voitures : une principalement destinée aux visiteurs, l’autre destinée aux habitants et employés. On y accède également par le métro.

Entrée / sortie. Les habitants paient un abonnement, qui est une sorte d’impôt local.

Chaque matin, des serviteurs viennent en pirogue lui servir son petit déjeuner sur son lit au-milieu de la piscine.

Ill.6 Masterplan.

Règles d’urbanisme

Les habitants et les entreprises qui occupent le site obtiennent des réductions d’impôt s’ils ouvrent au public tout ou partie de leur propriété. Les larges baies vitrées en façade des habitations sont encouragées. Les habitants y exposent une pièce de leur habitat dont ils sont fiers. Cette pièce est ouverte au public.

Bizarreries. le master plan de la ville est truffé de portes de service ouvrant sur des labyrinthes, d’ascenseurs partant du dernier étage d’un gratte-ciel pour arriver dans la mer etc..

Ill.5 Géographie.

Le territoire de la ville est accidenté, mais comprend également de vastes zones artificiellement aplanies. Les zones de fort relief sont équipées d’escalators, de toboggans, de téléphériques, d’ascenseurs panoramiques.

Lac : le lac contient une presqu’île, qui contient une colline de type « montagne », qui contient des petits lacs, montagnes chinoises et jardins zen japonais.

Ill.5 Exemples de bâtiments.

Zoning

L’affectation des bâtiments est déterminée par des règles claires et faciles à appliquer :

- tous les hôtels sont des éléphants géants ;
- tous les parcs d’attraction sont contenus dans des sphères ;
- tous les immeubles de bureaux sont des montagnes ;
- tous les immeubles d’habitation sont du type « fractal Meadows » ;
- aucun bâtiment ne contient un programme unique.

Ill.8. Typologie de mégastructures continues.

Ill.6 History of the Mountain Blok.

Note sur les mégastructures.

Il existe deux typologies de mégastructures proliférantes.

La première, ou mégastructure continue, de type « montagne », est dérivée de la configuration du village de montagne italien, ou du palais marocain (cf. Rudofsky pour ces exemples). La réinterprétation moderne de ces formes a été donnée dans diverses tentatives. Circulations intérieures : escalators.

- Ivry
- Evry
- etc.
- Ma version de cette mégastructure est le bloc « montagne » (ci-dessous)

Ill.7. Mountain Blok.

Ill. 2. Le Faubourg Rudofsky : quelques « architectures sans architecte » relevées par Bernard Rudofsky (pp. 33 / 36 / 14 / 21)

Quartiers piétons

Les réseaux de circulation automobile contournent des quartiers d’attractions entièrement réservés aux piétons, selon les directives du rapport Buchanan.

Ill. 3. Themed No Stop City

Quelques bâtiments manifestes de l’histoire de l'architecture ont été enfin construits en dur :

- les merveilles disparues du monde antique
- un bâtiment de Lequeu
- une capsule tower de Kikutake
- des morceaux de la New Babylon de Constant
- la No Stop City d'Andrea Branzi.

Ces bâtiments sont dotés d'un contenu, d'une fonction, sans lien nécessaire avec celle prévue à l'origine.

Une sphère de béton vide, sans aucune ouverture, destinée à être éventuellement squattée.

Quartier des zigurats

- Reconstitution scientifique des ziggourats de Babylone et Samarra
- Reconstitution de la tour de Babel de Brueghel (à l’échelle, et avec le territoire et la ville représentés sur le tableau, et une arrivée par le point de vue de l’artiste), ainsi que d’autres représentations archétypales, et de zigourats
- Reconstitution de la campagne française, avec quelques fermes-hôtels.
- Buddhah blok

Tous ces quartiers sont divisés en habitat temporaire ou permanent, commerces, bureaux et attractions visitables.

Centre-ville. Il contient l’entrée d’un centre commercial linéaire, la gare principale, un gros nœud autoroutier, quelques très gros gratte-ciel, des lieux de culte, un marché, des commerces et des services divers.

Réseaux. La ville comporte un réseau concentré d’autoroutes en montagnes russes (aériennes et souterraines), une ligne de train aérien et un réseau de bus de type « touristique », quelques plate-formes d’hélicoptères.